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POINT MOISSON AU 28 juillet 2017

La moisson est en partie terminée. Désormais, elle traîne en longueur avec, pour conséquence, la dégradation des graines.

Jean-François Ferrand, responsable collecte Sepac
Propos recueillis par FrédéricThévenin


« La moisson est en partie terminée. Désormais, elle traîne en longueur avec, pour conséquence, la dégradation des graines.

Au final, le bilan est mitigé alors que la situation automnale et printanière était favorable.

Les dégâts engendrés par le gel et l'échaudage de fin de cycles, en terres séchantes ont été pénalisants. L'impact est fort sur les rendements et sur les qualités des
productions du Barrois.

Le revenu agricole issu des céréales va souffrir une année de plus.
L'un des faits marquants de l'année est les taux élevés de protéines. Ils s'expliquent par des reliquats azotés élevés en sortie d'hiver combiné à une minéralisation tardive
interrompue par un échaudage brutal. En blé, l'hétérogénéité est réelle avec des rendements qui vont de 40 à 75 q/ha.

La moyenne sera en dessous de 60 c'est-à-dire bien en deçà de la moyenne décennale sur le département. Le poids spécifique (PS) va de 68 à 77 avec une perte de 2 à 4 points après les pluies et le
taux d'Hagberg est très variable. Il est totalement déconnecté du PS. Pour Sepac, l'enjeu est d'identifier les qualités pour aller chercher les meilleures valorisations possible en meunerie ou en amidonnerie.
2017 est un bon cru pour le colza avec des rendements allant de 28 à 45 q/ha pour une moyenne proche de 35 q. Les variations sont moins importantes que pour les céréales.
Ce succès s'explique par les progrès génétiques des variétés. Ils permettent d'avoir une plus forte tolérance aux maladies, un meilleur développement racinaire, une plus forte résistance à l'égrenage et une
meilleure efficience de l'azote. Le colza a également bénéficié du fort reliquat en azote. Le challenge futur sera de cultiver du colza en gérant au mieux le désherbage dans la rotation.
En orge de printemps, c'est un peu la douche froide avec des écarts de rendements qui vont de 30 à 65 q/ha pour un très bon calibrage entre 85 à 95 %. Les taux de protéines sont très
élevés du fait d'un phénomène de concentration après le gel et l'échaudage de juin. Ils vont de 11, 2 à 15 % et rendent la valorisation brassicole très compliquée.
Cette récolte précoce en France place Sepac dans une phase d'observation. Les récoltes des principaux concurrents ne sont pas encore connues et les marchés ne sont pas encore fixés.

Mais, la collaboration avec les clients et le travail du grain constituent son coeur de métier et permettent de trouver les meilleures valorisations.
Les exploitations en zones intermédiaires sortent encore affaiblies de cette moisson. Heureusement, les cultures à floraison estivales (maïs, tournesol, soja) sont prometteuses et pourraient
améliorer ce bilan.

Par contre, il faut s'attendre, là encore, à des récoltes précoces. Les premiers ensilages de maïs sont annoncés pour la fin août.
Face aux excès climatiques, Sepac oriente sa réflexion sur l'évolution des pratiques avec, par exemple, l'obligation de faire monter les taux de matière organique dans les sols argilo-calcaires. »
Le colza est la bonne surprise de l'année. ■

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